À une passante — Charles Baudelaire

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La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit! — Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité?

Ailleurs, bien loin d’ici! trop tard! jamais peut-être!
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais!

— Charles Baudelaire

http://fleursdumal.org/poem/224

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4 thoughts on “À une passante — Charles Baudelaire

  1. I thought this was good and then I got down to the name at the end and realised why!

    M
    __________
    Marie Marshall
    author/poet/editor
    Scotland

  2. linusdaddy on said:

    but the photo makes it dear Karl (was there a comma missing there somewhere?)

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